DEPUIS 2006, Aurore Fattier a mis en scène Feydeau, LA PUCE À L’OREILLE, ON PURGE BÉBÉ, PHÈDRE de Racine, LA POSSIBILITÉ D’UNE ÎLE de Houellebecg, et AFTER AFTER, un montage de textes reprenant une nouvelle de Fitzgerald, UN DIAMANT GROS COMME LE RITZ, et des fragments d’Ellis et Ballard.
C’est un choix qui peut étonner de la part d’une femme de tout juste trente ans …
Ces textes sont tous « classiques » ou, pour les plus contemporains, déjà consacrés par les prix littéraires et les adaptations d’Hollywood.
La presse, les institutions, qualifient pourtant ses spectacles de « baroques ».
Qu’en est-il ?
Par « baroque », on cherche à qualifier une pratique qui propose un champs référentiel non univoque, éclaté. C’est-à-dire une posture postmoderne gui refuse d’assumer l’unicité du sens.
Or, à mon sens, il ne s’agit pas de cela.
Pour Aurore, les classiques s’inscrivent dans le monde contemporain comme les vestiges d’un ordre passé.
Dans ses spectacles, les héros, fantômes grotesques d’eux-mêmes errent au milieu de ces ruines : fantôme de Phèdre, terrée dans un bunker sous les bombardements se roulant par terre de rage ou de désir ; Zombies capitalistes, vampires bi-polaires, extra-terrestres impérialistes dans AFTER AFTER… et aucune trace d’un ordre nouveau ne se présente à eux.
Au cours de cette errance, ils ne se confrontent qu’à l’oubli des supermarchés, des désirs faciles, du tourisme des stations balnéaires, du monde contemporain gui se refuse à l’Histoire.
Paillettes, brillances, facettes … Les voix des héros ne s’entendent plus que comme un bavardage, un bruit de fond, un monologue inepte, dont jaillissent par moments, pourtant, leur ancienne puissance.
À d’autres moments, ces errances se changent en vaudeville, en rencontres ridicules, ou impossibles. Les amoureux ne se reconnaissent jamais, trop jeunes, trop vieux … trop tôt ou trop tard, les héros retournent à leur niches, à la fatalité du quotidien. Et le hasard délie leurs destins.
La forme à laquelle, moralement ou philosophiquement, s’apparente le plus le théâtre d’Aurore Fattier est à mon sensla vanité, dans son acception la plus classique : face au néant le strass.
COMÉDIEN issu de l’école du Théâtre National de Strasbourg, puis metteur en scène, Jean-François Sivadier est marqué par l’héritage d’une…



