Aurore Fattier, vanités
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Aurore Fattier, vanités

Le 1 Avr 2011
Jean-Benoît Ugeux dans AFTER AFTER, mise en scène Aurore Fattier, théâtre de la Balsamine, mars 2011. Photo Catherine Somers.
Jean-Benoît Ugeux dans AFTER AFTER, mise en scène Aurore Fattier, théâtre de la Balsamine, mars 2011. Photo Catherine Somers.
Jean-Benoît Ugeux dans AFTER AFTER, mise en scène Aurore Fattier, théâtre de la Balsamine, mars 2011. Photo Catherine Somers.
Jean-Benoît Ugeux dans AFTER AFTER, mise en scène Aurore Fattier, théâtre de la Balsamine, mars 2011. Photo Catherine Somers.
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DEPUIS 2006, Aurore Fat­ti­er a mis en scène Fey­deau, LA PUCE À L’OREILLE, ON PURGE BÉBÉ, PHÈDRE de Racine, LA POSSIBILITÉ D’UNE ÎLE de Houelle­becg, et AFTER AFTER, un mon­tage de textes reprenant une nou­velle de Fitzger­ald, UN DIAMANT GROS COMME LE RITZ, et des frag­ments d’Ellis et Bal­lard. 
C’est un choix qui peut éton­ner de la part d’une femme de tout juste trente ans …
Ces textes sont tous « clas­siques » ou, pour les plus con­tem­po­rains, déjà con­sacrés par les prix lit­téraires et les adap­ta­tions d’Hollywood.
La presse, les insti­tu­tions, qual­i­fient pour­tant ses spec­ta­cles de « baro­ques ».
Qu’en est-il ?
Par « baroque », on cherche à qual­i­fi­er une pra­tique qui pro­pose un champs référen­tiel non uni­voque, éclaté. C’est-à-dire une pos­ture post­mod­erne gui refuse d’assumer l’unicité du sens.
Or, à mon sens, il ne s’agit pas de cela.
Pour Aurore, les clas­siques s’inscrivent dans le monde con­tem­po­rain comme les ves­tiges d’un ordre passé.
Dans ses spec­ta­cles, les héros, fan­tômes grotesques d’eux-mêmes errent au milieu de ces ruines : fan­tôme de Phè­dre, ter­rée dans un bunker sous les bom­barde­ments se roulant par terre de rage ou de désir ; Zom­bies cap­i­tal­istes, vam­pires bi-polaires, extra-ter­restres impéri­al­istes dans AFTER AFTER… et aucune trace d’un ordre nou­veau ne se présente à eux. 
Au cours de cette errance, ils ne se con­fron­tent qu’à l’oubli des super­marchés, des désirs faciles, du tourisme des sta­tions bal­néaires, du monde con­tem­po­rain gui se refuse à l’Histoire.
Pail­lettes, bril­lances, facettes … Les voix des héros ne s’entendent plus que comme un bavardage, un bruit de fond, un mono­logue inepte, dont jail­lis­sent par moments, pour­tant, leur anci­enne puis­sance.
À d’autres moments, ces errances se changent en vaude­ville, en ren­con­tres ridicules, ou impos­si­bles. Les amoureux ne se recon­nais­sent jamais, trop jeunes, trop vieux … trop tôt ou trop tard, les héros retour­nent à leur nich­es, à la fatal­ité du quo­ti­di­en. Et le hasard délie leurs des­tins.
La forme à laque­lle, morale­ment ou philosophique­ment, s’apparente le plus le théâtre d’Aurore Fat­ti­er est à mon sensla van­ité, dans son accep­tion la plus clas­sique : face au néant le strass.

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Écrit par Sébastien Monfè
Sébastien Mon­fè est scéno­graphe et met­teur en scène. Il a col­laboré avec Aurore Fat­ti­er sur plusieurs spec­ta­cles.Plus d'info
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